Chapitre 14 :

Chapitre 14 :
Après ce petit repas, l'androgyne, revigoré par sa conversation avec l'enfant, reprit le chemin, avec toujours autant de conviction, de son adorable lycée. Il arriva juste au moment où la cloche sonnait, et il se dépêcha d'aller en cours, traversant la foule comme on traverse une rivière, avec de grands mouvements et le souffle court.

L'après midi se termina comme chaque lundi, de la même façon routinière et habituelle. Rien de plus banal. Dommage, il s'était attendu à mieux, mais ses espoirs avaient été brisés d'un tour de main par celui qui comptait le plus à ses yeux.

Tom et lui finissaient à la même heure, et pourtant, Bill ne l'avait pas vu franchir la grille de sortie, alors qu'il ralentissait encore plus son pas traînant afin d'essayer de la croiser, comme avant. Comme tous les jours en fait. Mais Bill renonça, il était tout de même pressé de rentrer chez lui et retrouver sa bulle d'air que lui insufflait son doux foyer, seul endroit où il se sentait à sa place.

Il rentra donc seul à pieds, comme de coutume, et se précipité dans sa chambre pour s'étaler nonchalamment sur on grand lit deux places. La journée avait été plus éprouvante mentalement que physiquement, et Bill n'avait qu'une envie : Dormir.
Mais il devait faire ses devoirs. Alors avec paresse il se leva, et se pencha sur son agenda qu'il avait extirpé violemment de son sac encombré de feuilles et gadgets en tous genres.

Pendant ce temps, Tom discutait avec quelques amis non loin du lycée. Il n'y avait que deux filles, le reste étant des mâles s'exposant aux lycéennes qui sortaient par petits groupes d'un autre lycée, un lycée technique. C'était des filles étudiant des disciplines scientifiques, elles étaient donc rares, et souvent très "stylées", dans le bon comme le mauvais sens, et leur petit nombre faisaient leur préciosité aux jeunes hommes des lycées environnants.
De vrais challenges.
C'était d'ailleurs le sujet de la conversation peu évoluée qui flottait sur le groupe, lequel arriverait à se faire la petite métalleuse toute candide, que Nico avait au préalable repéré quelques jours avant. Elle n'était pas bien grande, les cheveux longs avec quelques Atébahs de couleurs fluorescentes parmi ses mèches châtains, elle avait la peau claire, et était plutôt menue, et un slim en jean clair et tout déchiré habillait ses jambes, se mariant bien avec son débardeur noir et sa ceinture à pics. Elle était très jolie et avait de beaux yeux verts, Tom s'imaginait déjà la serrer dans ses bras.

Mais il fut tout de suite interrompu dans sa rêverie quand il la vit accélérer le pas pour finir par courir, rejoignant un garçon aux cheveux châtains et mi longs, retombant sur un torse bombé et musclé.

Georg.

Le sang du blond ne fit qu'un tour. Non seulement celui ci se mêlait de ses histoires avec Bill et lui était totalement antipathique, mais en plus il se permettait de lui briser ses fantasmes. Cette fille, il venait d'affirmer tout haut qu'il l'aurait.
Se défiler ? Pour les lâches.
Se frotter à Georg ? Belle vengeance, même pas peur.

Mais quand Tom vit cette fille se mettre sur la pointe des pieds et aller toucher de ses lèvres celles de son ennemi juré, il revint à la raison et se dit qu'il était trop jaloux pour essayer de tenter, il aimait être le seul dans la vie d'une fille, et il ne pourrait pas partager, ne serait ce que le passé de cette fille avec Georg.
Hors de question.

La discussion reprit son cours. Sans Tom. Tom venait d'avoir envie de se poser, c'était juste inhabituel. C'était rarement qu'une fille pouvait lui donner ce genre d'envies, et si elles y arrivaient, c'était toujours éphémère. Vivre aux côtés de quelqu'un d'autre était quelque chose qui faisait peur à Tom, dans les deux sens du terme.
Etrangement, il aimait bien vivre avec Bill et Simone.
Bien sûr, ses parents lui manquent. Enormément. Il porte encore et pour longtemps la déchirure qu'est la perte de sa mère. Ca le brûle de l'intérieur, et l'idée que son père finisse comme ça lui aussi lui fait très peur.
Mais, depuis longtemps la maladie, ce virus contaminateur, avait grignoté sa vie de famille.
Il en avait une, maintenant. Pas forcément acquise dans les bonnes conditions, mais qu'importe le passé, il faut aller de l'avant. Il doit faire de son mieux pour que cette famille se porte bien et garde un équilibre. C'est trop précieux la famille, il aura fallu un décès et une maladie pour qu'il s'en rende compte, mais ça y est.
Préserver la famille, c'est son nouvel objectif.

Mais pour cela, je dois améliorer mes relations avec Bill.

Sur ces pensées bienveillantes, il prit congé de ses amis et se dirigea d'un pas lent vers sa nouvelle maison. Marcher lui faisait du bien, il prenait pour une fois le temps de réfléchir correctement et sans se presser, se laissant porter par le rythme de ses pas frottant le sol, qui s'accordait parfaitement avec le fil de ses pensées. Il était tellement confus.

Tout se mélangeait, et ça allait BEAUCOUP trop vite.
Avec Simone, son nouveau foyer auquel il s'accommodait trop rapidement, faisant comme un trait sur son passé. Avec Bill, aussi. Il avait commencé par le détester, puis maintenant, il se prenait d'affection pour lui, avait des gestes inhabituels pour quelqu'un qui ne s'attache pas. Il avait envie de le voir. Un peu comme un petit frère, il sentait malgré lui que ce petit bout avait besoin d'attention et qu'il avait besoin d'être protégé. Et pourtant, il le fuyait.

Comme si il avait peur qu'en fréquentant Bill il devienne quelqu'un d'autre.
Comme si il avait peur de s'attacher et que finalement, on le laisse encore tomber.
Comme si il se sentait coupable du sort de l'androgyne, ignoré de tous.

Trop de questions et de remises en causes. Il avait même envie de remettre en cause ses amis. C'est vrai, il les aimait bien. Mais il ne parlait jamais sérieusement avec eux, ça il ne le pouvait qu'avec Elodie. Jamais ses amis du lycée ne viendraient pour lui s'il les appelait en larmes à 4hoo du matin. Tout n'est que mascarade.

Tom arriva enfin devant la porte de la maison, et rentra d'un pas silencieux, comme lorsqu'il savait que sa mère se reposait, ne voulant pas la réveiller. Sauf qu'elle n'est plus là. Pas ici. Ni ailleurs. Juste... Là haut.

- Bill !! Appela le dreadé depuis le bas de l'escalier.

- Oui ???

- Tu es où ?

- En quoi ça te regarde ?
Répondit le brun, sortant sur le palier de sa chambre, un crayon en main et les cheveux attachés en une queue de cheval sur sa nuque.

Un peu blessé par l'attitude du brun alors qu'il essayait de faire des efforts, il reprit tout de même, la voix un peu plus dure :

- Je voulais juste savoir comment tu allais et si je pouvais faire mes devoirs avec toi. Mais tu as l'air occupé, alors je vais aller dans ma chambre. Et, joignant le geste à la parole, il remit son sac sur son épaule et monta les escaliers puis rentra dans sa chambre sans un regard pour Bill.

Ce fut au tour de l'androgyne d'être blessé, se rendant compte des efforts du blond. Mais tout de même, si ce dernier espérait se faire pardonner de l'avoir ignoré toute la journée en seulement quelques mots, il pouvait toujours espérer.
Le peu de lucidité qui lui restait s'arrêtait là, car ces "quelques mots" étaient en réalité beaucoup pour lui, car chaque petit geste de l'être aimé est toujours un cadeau inestimable.

Bill sortit alors de sa chambre, et alla se planter devant celle de Tom, collant son oreille contre le bois. Il n'osait pas entrer, sa timidité reprenant le dessus.
Le bruit d'un sac qu'on pose avec autant de délicatesse qu'un éléphant qui descend un escalier, des papiers froissées, un bruit de bois, et des cordes qui vibrent.
Un guitare mélancolique.
Souvenirs souvenirs.
Le brun colle alors son oreille plus fortement contre la porte, cherchant à capter au mieux le son qui s'élève de la pièce. C'est encore une mélodie triste mais entêtante comme Tom sait si bien composer, et Bill se sent une fois de plus ailleurs.
Il n'a plus envie d'entrer, il veut juste écouter.

Dix minutes plus tard, le son de l'instrument meurt dans sa coque de bois verni, et l'androgyne reprend ses esprits, et se retrouve dans la réalité, le corps collé à la porte de Tom. Il l'entend se lever et bouger, renifler, un tissu est froissé et une chaise est tirée.

Il faut y aller. Bill lève alors la main et vient à la faire entrer timidement en contact avec la surface dure.
Aucune réponse.
Il réitère, un peu plus fort cette fois.

- Oui ?

- C'est... C'est Bill.

- Entre.


Le brun pousse alors la porte, et la referme rapidement derrière lui, comme pour s'empêcher de fuir. Tom s'est retourné pour être face à lui, toujours assis sur sa chaise, et questionne son vis à vis du regard.

Qu'est ce que je devais lui dire déjà ?

- Tu m'as demandé si ... On pouvait faire nos devoirs ensemble, mais je les ai presque finis... Donc heu, si tu veux, je peux t'aider à faire les tiens ... Enfin si tu veux.

- Oui ça serait bien, en plus, j'ai vu qu'il y avait des exercices de maths... Et c'est pas trop mon fort.
Répondit le blond, ponctuant sa phrase d'un sourire en coin qui fit se détourner les yeux de Bill.

- Attends alors, je vais chercher mes feuilles dans ma chambre.

Ceci fait, le guitariste se pencha sur les feuilles d'exercices et sur son livre qu'il avait au préalable ouvert. Un petit air sérieux trônait sur son visage, le rendant encore plus craquant aux yeux de Bill, qu'il l'observait furtivement. Le blond leva alors les mains, tout en gardant son regard fixé sur les feuilles, et commença à retirer sa casquette, puis son bandeau d'un air habitué, il aurait pu le faire les yeux fermés. Il tira alors un peu sur l'élastique et refit sa queue de cheval un peu plus haute, murmurant un "Fait chaud..." . Il se tourna alors vers Bill, qui était resté planté debout derrière lui, ne sachant où se mettre bien qu'étant chez lui.
Tom s'exclama alors joyeusement :

- Tu sais, tu peux t'asseoir à côté de moi hein, t'as qu'à prendre la chaise à côté du lit.

- Je mets où le T-shirt dessus ?

- Pose le sur le lit.


Quand ceci fut fait, le brun approcha timidement la chaise de celle de Tom, restant quand même à une distance raisonnable. Il croisa alors ses bras sur le bureau, observant son vis à vis qui essayait de comprendre ce charabia qu'on appelait suite numérique.

- (Un) Est la suite définie sur N par Un = 2n +1? Déjà rien que ça je pige pas.

- C'est pourtant simple. On te dit : " Soit (Un) la suite définie par Un = 2n + 1 ", et on te demande si c'est une suite arithmétique. Donc tu fais Un - Un-1 = ...

- Gné ?


Bill se leva donc et alla se poster derrière Tom, pointant de son doigt manucuré la question posée.

- Tu appliques juste la formule générale pour prouver qu'une suite est arithmétique et comme tu sais que uo = 1, u1= 3 et u2 = 5, tu fais donc u1- uo et u1 - u2 , et si les chiffres obtenus sont égaux, c'est bien une suite arithmétique de raison r =... !

- Ah ok...

- Tu as mieux compris maintenant ?

- Carrément ! Avant c'était trop abstrait pour que je comprenne ! Tu es le meilleur prof que j'ai jamais eu Bill !
S'écria Tom, faisant un clin d'½il au brun.

Celui rougit comme pas permis, et reprit place aux côtés de Tom. Meilleur prof... Les maths étaient bien la seule chose qu'il pouvait lui enseigner, et Bill espérait dans son for intérieur, que Tom lui rendrait la pareille un jour, mais dans un discipline plus... Concrète.

Le dreadé continua alors ses exercices, demandant au fur et à mesure de petites explications à Bill, qui se tenait droit comme un piquet sur sa chaise et les mains croisées entre ses cuisses. Il était tendu, cette proximité avec Tom le stressait.
Il avait envie, en voyant cet air concentré sur son visage et ses mains posées comme de grandes araignées sur le papier blanc, de le prendre dans ses bras et serrer ses doigts entre les siens, caresser sa joue du bout de son nez, et coller sa bouche à ce cou si tentant. Il sentait son odeur l'envelopper, elle habitait cette pièce désormais, et il aurait voulu se jeter à plat ventre sur le lit moelleux pour enfouir son nez dans les couvertures sûrement imprégnées du parfum naturel de Tom.

Jamais il ne désirerait quelqu'un comme Tom, jamais il ne pourrait ressentir ce sentiment si particulier pour une autre personne. De toutes manières, les gens ne sont personne s'ils ne sont pas Tom. Le brun aimait être triste en pensant à lui, sachant pertinemment que cet amour était à sens unique, platonique à jamais, et cette peine le faisait vivre. La mélancolie amoureuse coule dans ses veines comme inlassablement la vie coule vers la mort, la maladie est irréversible.

Une main s'agita devant ses yeux, le faisant revenir à la réalité.

- Eh ben ? Tu es sûr que ça va Bill ?

- Oui oui...

- Ca en a pas l'air ! A quoi tu pensais ?


Si tu savais...

- A rien en particulier...

- Mouais. C'est pas bien de mentir Bill !
Répondit le blond, un air rieur sur le visage.

Le brun rit aussi, et Tom, reprenant son sérieux, demanda :

- Ce n'est pas à cause de moi j'espère... Enfin, je veux dire, que tu avais cet air triste et que tu étais énervé contre moi tout à l'heure...

- ...

- Bill ?

- ...

- S'il te plaît, réponds moi.
S'inquiéta Tom en voyant le visage assombri du brun, son regard se faisant fuyant.

Mais Bill ne répondait toujours pas. Le dreadé hésita un peu, avant de reprendre la parole, soudainement timide.

- Je vois bien que c'est à cause de moi... Mais, tu sais, je... J'ai du mal à gérer. C'est nouveau pour moi, toi, ta mère, cette vie. J'aurais pas dû t'ignorer aujourd'hui, je le sais. Mais je savais pas comment faire, les seules repères que j'ai encore sont à l'école, et je suis un peu perdu en ce moment. Alors, s'il te plaît, ne sois pas triste ni énervé à cause de moi, ça en vaut pas la peine, et je vais m'améliorer, d'accord ? Laisse moi du temps. Ma mère est morte, j'ai plus de famille à part mon père et il va peut être y passer aussi. Le blond fit une pause, sentant une boule se former douloureusement dans sa gorge. Je... On me donne une nouvelle mère, et un frère d'un seul coup, comme ça... Et... C'est pas facile. Il faut que tu m'aides. Les larmes commençaient à vouloir faire surface, et Tom, se leva, allant s'asseoir sur le lit, le regard tourné vers la fenêtre. Excuse moi...

Le brun, surpris de cette déclaration de la part de Tom, restait silencieux, assimilant ce qu'il venait de dire, plongé dans ses réflexions. Il n'avait toujours rien dit quand il entendit un faible "Dis quelque chose..."

- Je...

Merde.

Bill se leva alors et alla se poster en face de Tom, qui gardait le regard fixé sur un point invisible au delà de la fenêtre. Timidement, et surtout ne sachant pas quoi faire d'autre, l'androgyne tomba à genoux devant Tom, se mit entre les genoux de celui ci pour entourer sa taille de ses bras fins et frêles, et posa sa tête sur son ventre.
Doucement, le blond baissa les yeux vers Bill, qui avait l'air d'un tout petit garçon fragile, qui s'accrochait timidement à lui. Il posa alors délicatement ses mains sur ses épaules, et en remonta une dans sa chevelure ébène , caressant doucement les fins cheveux noirs qui venaient s'emmêler entre ses doigts.

"Merci..."



--- * ---

Voila la suite =)
J'ai essayé de la faire plus longue, dites moi ce que vous en pensez !
Merci à vous de me lire !
Dites, sinon, je voudrais vous demander une faveur :

Est ce que tous les gens qui lisent ma fiction et qui n'ont jamais laissé un commentaire pourraient se manifester, juste sur ce chapitre, histoire que je voie à peu près combien de gens me lisent ? Sa me ferait super plaisir, et c'est pour un sondage xD


Et sinon ... MERCI POUR VOS COMMENTAIRES KYAAAAAAAAAAHH !!! *o*


Vous avez tout pété u__u
Vous aime *petite larme à l'oeil xD*
Bonnes vacances à tous, Bisous <333

EDIT : Un petit tour par ici ?
C'est un blog que j'ai fait sur les jumeaux Kaulitz, il est tout neuf ^^
Pouvez vous y laisser quelques coms ou le mettre dans vous amis et/ou favoris ?
J'ai pas le temps de lui faire de la pub, mais il me tient à c½ur *o*



# Posté le mercredi 02 juillet 2008 09:12

Modifié le dimanche 20 juillet 2008 12:36

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Hey =)
Juste un article, avant de poster la suite, pour vous quémander des visites. C'est la traduction de la très talentueuse Chachouille (xD) de la fiction Committed,de l'auteure américaine Undrockroll.
Je vous la conseille vivement :)

La suite bientôt, j'ai des problèmes d'ordinateur donc la c'est pas possible, je m'en excuse =(

# Posté le vendredi 22 août 2008 05:33

Je suis de retour... Pour vous jouer un mauvais tour hahaha x)

Je suis de retour... Pour vous jouer un mauvais tour hahaha x)
Doucement, le blond baissa les yeux vers Bill, qui avait l'air d'un tout petit garçon fragile, qui s'accrochait timidement à lui. Il posa alors délicatement ses mains sur ses épaules, et en remonta une dans sa chevelure ébène , caressant doucement les fins cheveux noirs qui venaient s'emmêler entre ses doigts.








"Merci..."




CHAPITRE 15





Tom, le yeux dans le vague, enroula distraitement une mèche noire autour de son index, tandis que Bill resserrait la pression de ses bras autour du corps chaud de Tom. Bon Dieu, et dire qu'il y a encore quelques jours il n'aurait pas même osé s'imaginer dans cette position. Il frotta alors sa joue contre ce ventre caché sous un T-shirt trop grand, s'abreuvant encore et encore de cette sensation de bonheur extatique, geste que le blond prit comme de l'affection. Il reprit alors ses caresses dans les cheveux de Bill, puis prit sa tête entre ses mains pour la pousser davantage contre lui.

Il en avait besoin.

Il avait besoin d'affection,quoiqu'il en dise, il avait trop perdu d'un coup. Son c½ur, ce vieux tambour, tapait fort dans sa poitrine, et il se sentait bien. Le corps chaud du brun le rassurait, et il sut à ce moment là que lui, s'il l'appelait en pleurs à 4hoo du matin, accourrait sur le champ. Cette petite créature serait là, bien qu'étrange et indéchiffrable, et elle le soutiendrait.
De longues minutes passèrent ainsi, dans un silence réconfortant.

Alors, Tom prit le visage de Bill entre ses mains, ses pouces venant à frôler ses joues, et releva sa tête vers lui. Longuement il le regarda, cherchant à déchiffrer le langage de ses yeux. Il trouva de la compassion, de la gène et de la peine. Il y trouva aussi ce petit truc qui lui faisait fermer ses paupières à demi, qui ressemblait à de la fatigue, mais qui n'en était pas. Ce petit truc qui laissait sa bouche rose s'entrouvrir, et son visage se détendre de la crispation que la peine pouvait causer. C'était joli à regarder, mais Tom ne savait pas nommer cette chose. Il ne connaissait pas cette chose, alors comment la reconnaître ?

Au bout d'un moment, le brun détourna la tête, ses cheveux lisses venant cacher son visage sous un voile noir et vaporeux. Il commença à détacher ses bras de Tom, sentant la fin de ce moment inoubliable arriver. Et il ne voulait pas que ce soit Tom qui parte. Il commença alors à se lever, et une fois debout, il sentit des mains venir accrocher son bassin. Il ne voulait pas regarder, pas se faire de faux espoirs.

Mais quand il sentit un souffle chaud dans son cou, il s'autorisa à regarder et à sentir les bras de Tom se refermer sur son corps, l'encerclant de sa chaleur bienfaisante. Il lui rendit son étreinte, timidement d'abord, puis se permis de serrer son corps contre lui avec intensité. Il sentait l'odeur douce des dreads de Tom sous son nez et ses mains qui s'agrippaient à son dos. Il sentait qu'il tremblait, et qu'il ne jouait pas. La peine était trop grande à contenir et il avait besoin d'un repère. Une attache.

Tom se sentait bouleversé et confus. Il avait besoin d'aide. Sa mère lui manquait, son père également, sa maison, son chat, ses habitudes, sa fierté. Tout lui manquait.

Il ne voulait pas pleurer.

Et pourtant.

Il enfouit alors son visage dans le cou de Bill en dernier recours, respirant à plein nez son odeur pour faire redescendre ses larmes. Puis recommença. Encore.

C'était agréable, il sentait comme les bébés. Ce petit parfum doux et sucré, qui donne envie de les manger, ces adorables petites choses. Ca rassure, apaise, fait sourire. Il faut arrêter de penser et profiter de l'instant présent, il faut ignorer, enfouir, au plus profond de soi. Ne pas se laisser atteindre.

Par le mauvais, du moins.

Mais Bill est si doux...

Tom se dit que si Bill était une femme à part entière, à ce moment même, il n'hésiterait pas à l'embrasser. Avec force et douceur à la fois, mais ce n'était pas possible encore dans l'esprit
de Tom. Bill avait beau être féminin, il n'était PAS une femme, et ce n'est pas aujourd'hui que Tom pourrait assumer une attirance, telle, même minime, pour un autre homme. Il ne sentait que trop son torse plat contre le sien, son odeur masculine et ses grands mains serrant son T-shirt dans son dos.
Mais il sentait aussi son souffle chaud dans son cou, sa tendresse et son c½ur qui battait fort et vite contre lui, et il se dit que le c½ur n'avait pas de sexe.
Mais tout de même.

Tom défit alors de ses mains l'emprise de celles de Bill sur son T-shirt, et se recula un peu, regardant Bill.

Il était définitivement beau, et il était sûr que celui ci n'en était même pas conscient, il ne comprenait pas pourquoi il était si seul. Il se dit qu'il ne savait pas, après tout, et que peut être il y avait quelqu'un d'autre. A cette idée, son c½ur se serra. Il se rappela de sa "maladie". Le blond se pencha alors sur l'androgyne, qui regardait ailleurs, gêné, et déposa un tout petit baiser possessif dans son cou, et souffla à nouveau un "Merci", avant de décamper, une fois de plus.

Quand Bill vit la porte se refermer sur lui, et qu'il se rendit compte qu'il était seul, fut abasourdi. Encore une fois Tom se défilait, et il se demanda ce à quoi il avait bien pu penser, pour le fuir aussi vite. Peut être savait-il.

Peut être.

***



Deux semaines plus tard.


Tom se sentait désormais chez lui. Il se sentait mieux, et surtout, soutenu. Simone lui parlait énormément, soulageant ses peines d'un baiser sur le front comme l'aurait fait sa mère. Elle était formidable, et il commençait à comprendre pourquoi son père l'avait confié à elle.

Bill était aussi un être remarquable. Malgré sa lâcheté envers lui, il ne lui tenait jamais rigueur de ses écarts, et était très compréhensif.
En effet, il ne le côtoyait toujours pas au lycée, mais l'accompagnait, et revenait avec lui chaque soir, parlant de tout et de rien avec lui. Vendredi dernier, il avait même osé aller lui parler devant ses 'amis' , certes pour lui demander à quelle heure Simone revenait, mais quand même, c'était déjà un grand pas pour lui. Ils faisaient leurs devoirs ensemble tous les soirs, et Simone était ravie que Bill s'ouvre un peu à quelqu'un d'autre qu'à Georg. Celui ci ne pouvait toujours pas voir Tom, mais au moins faisait un effort pour le supporter et rester poli en sa présence.

Georg lui en voulait toujours d'inconsciemment faire souffrir son meilleur ami, il était si fragile.

Néanmoins, Tom faisait désormais très attention à ses marques d'affection envers Bill : En effet, il avait beaucoup réfléchi. A la maladie de Bill, sur laquelle il avait fait des recherches, et, même s'il en était guéri, il avait lu que les rechutes étaient fréquentes, et avait inconsciemment un peu peur de ce qui pourrait arriver, et, surtout, il se posait des questions sur la sexualité de l'androgyne.
Il se refusait bien sûr aux préjugés, mais se demandait tout de même si le brun n'était pas attiré par les hommes. Ils en avaient d'ailleurs déjà parlé et il était resté très fermé sur le sujet, ce qui avait mis la puce à l'oreille de Tom.

Puis, il avait peur de trop s'accrocher à lui, de peur que, comme tous les autres, ils en vienne, de son plein gré ou pas, à le quitter. Cette peur était désormais omniprésente chez Tom, avec chaque nouvelle rencontre. La peur d'être seul.

De toute ces réflexions ressortait une attitude d'apparence très détachée avec Bill, mais en réalité, à chaque fois qu'il le fuyait encore, Tom avait à nouveau un pincement au c½ur en voyant l'expression blessée sur le visage de l'androgyne.

C'était comme s'agiter une glace sous le nez alors qu'on est au régime, Tom était proche de lui, mais pas assez pour en profiter pleinement, se mettant lui même des barrières.

Encore une fois, Tom ressassait les mêmes réflexions, allongé sur son lit, brassant ses pensées autant qu'il le faudrait pour y voir clair. Mais quelques coups saccadés à sa porte vinrent à le faire sortir de son état de larve, et il cria :

- Oui ???

-C'est moi ! Répondit Bill.

- Entre !

Le brun s'exécuta, et pénétra dans l'antre du guitariste, qui était en fait un foutoir typique du musicien : partitions, médiators, magazines musicaux, tout était éparpillé sur le sol, et Bill faillit marcher sur un médiator quand il entra.
Il se baissa pour le ramasser et le lança sur Tom, qui le reçut dans le front, et grogna :

- T'as pas honte à t'attaquer à quelqu'un de plus petit que toi ? Dit il dans un rictus qu'il ponctua d'un soulèvement de sourcils exagéré.

- Non pas du tout, répondit le brun en riant, se rapprochant du lit.

- Ah ok tu veux jouer à ça ?? Et, pour appuyer ses dires, Tom saisit les jambes de Bill qui s'étala sur le lit avec la grâce d'un éléphant.

- Heyyy !!!! T'as pas honte de t'attaquer à un plus jeune que toi ?? Riposta le brun, hilare.

- Non pas du tout ! Se moqua le blond.

Débuta alors la bagarre du siècle, avec pour seules armes les coussins du lit, qui visitèrent de fond en comble toute la pièce, se répercutant sur les murs ou le bureau. La guerre prit fin quand un oreiller finit malencontreusement sa course en plein dans la lampe de chevet, qui vacilla et tomba à terre avec fracas. Les deux individus se figèrent, fixant la lampe éventrée dont le socle en porcelaine s'était brisé, faisant voltiger des éclats un peu partout parterre.

- Merde ! Fit Tom.

- Oui, c'est le cas de le dire ! Maman va gueuler !

- Attends j'vais nettoyer. Pour appuyer ses dires, le blond
se dirigea vers la porte pour aller chercher le balai, et au dernier moment se
retourna, et s'écria : Ouais mais j'ai quand même gagné ;-)

Le brun resta la bouche grand ouverte en voyant le blond s'esclaffer puis dévaler les escaliers pour aller chercher le nécessaire au nettoyage. Incorrigible, un vrai gamin, pensa Bill, hilare.

L'après midi se termina comme de coutume, ils firent leurs devoirs et mangèrent avec Simone, puis Tom alla prendre une douche et se prépara, on était vendredi soir, et ce soir, il sortait. Bill, lui, avait invité Georg à dormir à la maison, ayant planifié une soirée DVD, pour changer.

Ce dernier était une fois de plus assis sur son lit en tailleur, gribouillant dans son carnet. Il avait les cheveux encore humides, et était seulement vêtu d'un boxer, savourant pleinement la sensation de propreté après une bonne douche en repoussant le plus possible le moment où il devrait s'habiller pour l'arrivée de Georg, programmée à 21hoo.

Tom de son côté s'habillait, et avait opté pour un baggy foncé et un polo large bleu clair rayé de plusieurs tons de bleus, une casquette bleue elle aussi ornant le sommet de son crâne tressé. Des baskets blanches complétaient sa tenue, et Tom s'inspecta une dernière fois dans la glace : Il était satisfait. Après tout, ce soir il devait être beau, car il partait à la chasse à la copine idéale avec Nico.

En effet, une présence féminine se faisant ressentir du côté du blond, qui avait envie de prendre du bon temps, et d'oublier un peu ses tracas quotidiens. C'est donc tout joyeux que Tom prit le chemin de la chambre de Bill pour lui souhaiter une bonne soirée. Il se demandait bien pourquoi le brun ne sortait jamais aussi, et il allait lui demander.

Il frappa à la porte, et une voix lui répondit :

- Attends trente secondes... Vas y c'est bon. Dit le brun, s'empressant de ranger le carnet.

-Hey ! fit Tom, quand son regard se posa sur Bill.

Il était juste en boxer, et ce fut comme une révélation : Bill avait beau être très féminin, il avait la preuve sous ses yeux qu'il était bien un homme et qu'il pouvait même être viril, sans que cela ne lui enlève de son charme.

Se sentant observé, le brun murmura, gêné :

- Oh désolé, je me suis pas encore rhabillé...

- C'est pas grave attends. Répondit Tom, se passant une main
sur la nuque.

- Ok.

- Je voulais te dire que j'y allais, et te souhaiter une bonne soirée, dit Tom.

- Oh merci, c'est sympa. Bonne soirée à toi aussi, répondit Bill souriant franchement devant l'attention.

- Mais dis moi, pourquoi tu ne sors jamais toi ?

- Hmmm... Je sais pas...

- Je vois pas ce qui t'en empêche, ta mère est d'accord, rajouta le blond.

- Oui je sais, mais... Je suis pas très à l'aise quand il y a beaucoup de monde, et je suis, hum... Assez timide. Rougit-il.

- Ca s'apprend ce genre de chose, il faudrait que tu vienne avec moi un jour. Dit Tom, se surprenant lui même par ses paroles. Cette initiative n'était même pas réfléchie et il se demanda ce qu'allait répondre le brun.

- Je sais pas... Peut être oui. Mais...

- Oui ? Demanda Tom, poussant le brun à aller au fond de sa
pensée.

- Eh bien... Je veux bien mais... Que tous les deux hein ? Pas avec des gens que je connais pas... Hésita le brun, détournant les yeux de son
interlocuteur.

- Oh oui, bien sûr, reprit vite le blond. Bien sûr, je m'en doute.

Un petit silence s'installa, puis l'androgyne reprit :

- Bon, eh bien, bonne soirée à toi ...

- Merci... Répondit Tom, ses yeux se reposant sur le corps à demi nu devant lui. Poussé par une pulsion soudaine, le blond se rapprocha du brun, et alla poser sa main sur son épaule, et colla un petit baiser sur la joue de ce dernier, lui souriant, et repartit rapidement de la chambre, s'enfuyant avant de trop pousser les choses.

Bill resta quelque peu abasourdi sous l'attention, et rougit un peu, posant sa main sur sa joue, quand la porte claqua en bas, le réveillant. Il se sentait tout léger. Tout bien, comme dans du coton. Les petits gestes les plus sages sont les plus doux et les plus marquants, et le bonheur que procure la moindre petite attention est comme de la mousse qui bulle agréablement dans le corps et l'esprit, c'est voluptueux et léger comme l'air, sa chatouille les sens et ravit l'âme.

Bill est tout simplement heureux, et il ne souffre plus de son amour pour Tom il le vit pleinement et s'en réjouit, ne prenant que le bon...



***




Les lumières éclatent tout autour de Tom, la musique fait vibrer son corps sous l'impact des basses, le monde est tout autour de lui, et pourtant, il ne s'amuse pas comme il l'avait espéré. Il est trop tracassé, et il n'a pas envie de ces filles qui le collent comme des mollusques avides et encombrants, se trémoussant ridiculement contre lui. Elles ne sont que du papier mâché qui sous la moindre réflexion intelligente tombe en miettes, perdant tout leur attrait, et qui au lendemain matin ne sont plus que l'ombre de la veille, vulgaire morceau de papier façonné à l'image du désir puéril des hommes, et qui redeviennent les petites filles à leurs mamans sans peinture ni artifices.

Elles n'offrent pas ce que Tom recherche étrangement, l'affection. Un point de rattachement, un repère. Et il se sent idiot d'avoir pu penser qu'il trouverait son bonheur ici, et encore plus quand il voit son ami Nico tripoter tout ce qui bouge devant lui, levant une bière vers le ciel et frottant son entre jambe pleine d'envie contre le fessier de la blonde peinturlurée et vulgaire qui se meut lascivement contre lui.

Tout n'est que mascarade et jeu devant lui, envie et intérêt, pas de partage, juste le plaisir personnel de chacun compte, et il a envie de partir.

Retrouver le foyer qui l'accueille, se coucher dans les draps repassés avec amour par Simone, saluer le brun qui dort dans la chambre voisine de la sienne et l'embrasser sur la joue.

L'embrasser sur la joue.

Le cou, l'épaule, les mains... Inspirer, expirer, ne plus penser, Tom s'embrouille.

Il est grand temps de rentrer.

Il fait un signe à Nico qu'il s'en va, un ami va le déposer chez lui. Il monte distraitement dans la voiture. Il arrive, il ouvre la porte avec désinvolture, remercie le chauffeur, s'en retourne chez lui.

Il est 3hoo.

Tom, en empruntant le couloir menant à sa chambre, voit la lumière bleutée filtrer sous la porte, Bill ne semble pas être couché. Bien que fatigué, la curiosité pousse Tom à aller le voir, et il ouvre alors précautionneusement la porte, et regarde par l'embrasure.

Bill dort, allongé sur les couvertures, le T-shirt remonté en haut de son ventre, et son boxer descend bas sur ses hanches, très bas. Il peut voir l'étoile sombre sur son aine et ses os de son bassin ressortir, et la ligne délicate de poils descendant de son nombril vers une partie beaucoup plus intime, qu'il devine parfaitement sous le tissu. Tom secoue vivement la tête et cligne des yeux, essayant de se reprendre, ses hormones se jouent de lui, il ne peut en être autrement.

Et pourtant, son regard ne peut se détacher du corps de Bill, de ses cheveux désordonnés cachant son visage, de son ventre plat, et ses jambes fines et longues repliées sous lui, tel un petit chat.

Le blond se rapproche inconsciemment, et observe les lumières se mouvoir sur ce corps, formant des arabesques sur les formes douces de l'être qui lui fait face. La lumière bleutée est électrisante, et Tom sent désormais le pouvoir des deux Vodkas ingérées dans la soirée prendre possession de lui.

Bill est grisant, et Tom est tellement perdu, contrôlé par toutes sortes de substances chimiques qui grouillent en lui. Ca bulle, ça mousse, ça cogne, ça brûle, mais au combien sa soulage de désirer quelqu'un.

Il se rapproche encore plus et va s'asseoir sur le lit, à côté du brun. Il lève alors doucement la main et l'approche du ventre du brun. Le corps de Bill irradie, et Tom sent sa chaleur sous ses doigts sans même le toucher, et se laisse bercer par sa respiration. Le ventre se soulève, et Tom trouve cette mécanique répétitive des plus agréable, le mouvement de va et vient propice à son imagination ce soir en ébullition.

Il est définitivement perdu, ne sait plus ce qu'il fait, et pose sa main sur ce ventre chaud qui l'appelle, quand une porte s'ouvre sur une silhouette massive, et un visage contrarié sort de l'obscurité : Georg.


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Le chapitre 15 enfin, voir explications en première page...
Je vous attend <3



# Posté le jeudi 08 janvier 2009 13:50