L'après midi se termina comme chaque lundi, de la même façon routinière et habituelle. Rien de plus banal. Dommage, il s'était attendu à mieux, mais ses espoirs avaient été brisés d'un tour de main par celui qui comptait le plus à ses yeux.
Tom et lui finissaient à la même heure, et pourtant, Bill ne l'avait pas vu franchir la grille de sortie, alors qu'il ralentissait encore plus son pas traînant afin d'essayer de la croiser, comme avant. Comme tous les jours en fait. Mais Bill renonça, il était tout de même pressé de rentrer chez lui et retrouver sa bulle d'air que lui insufflait son doux foyer, seul endroit où il se sentait à sa place.
Il rentra donc seul à pieds, comme de coutume, et se précipité dans sa chambre pour s'étaler nonchalamment sur on grand lit deux places. La journée avait été plus éprouvante mentalement que physiquement, et Bill n'avait qu'une envie : Dormir.
Mais il devait faire ses devoirs. Alors avec paresse il se leva, et se pencha sur son agenda qu'il avait extirpé violemment de son sac encombré de feuilles et gadgets en tous genres.
Pendant ce temps, Tom discutait avec quelques amis non loin du lycée. Il n'y avait que deux filles, le reste étant des mâles s'exposant aux lycéennes qui sortaient par petits groupes d'un autre lycée, un lycée technique. C'était des filles étudiant des disciplines scientifiques, elles étaient donc rares, et souvent très "stylées", dans le bon comme le mauvais sens, et leur petit nombre faisaient leur préciosité aux jeunes hommes des lycées environnants.
De vrais challenges.
C'était d'ailleurs le sujet de la conversation peu évoluée qui flottait sur le groupe, lequel arriverait à se faire la petite métalleuse toute candide, que Nico avait au préalable repéré quelques jours avant. Elle n'était pas bien grande, les cheveux longs avec quelques Atébahs de couleurs fluorescentes parmi ses mèches châtains, elle avait la peau claire, et était plutôt menue, et un slim en jean clair et tout déchiré habillait ses jambes, se mariant bien avec son débardeur noir et sa ceinture à pics. Elle était très jolie et avait de beaux yeux verts, Tom s'imaginait déjà la serrer dans ses bras.
Mais il fut tout de suite interrompu dans sa rêverie quand il la vit accélérer le pas pour finir par courir, rejoignant un garçon aux cheveux châtains et mi longs, retombant sur un torse bombé et musclé.
Georg.
Le sang du blond ne fit qu'un tour. Non seulement celui ci se mêlait de ses histoires avec Bill et lui était totalement antipathique, mais en plus il se permettait de lui briser ses fantasmes. Cette fille, il venait d'affirmer tout haut qu'il l'aurait.
Se défiler ? Pour les lâches.
Se frotter à Georg ? Belle vengeance, même pas peur.
Mais quand Tom vit cette fille se mettre sur la pointe des pieds et aller toucher de ses lèvres celles de son ennemi juré, il revint à la raison et se dit qu'il était trop jaloux pour essayer de tenter, il aimait être le seul dans la vie d'une fille, et il ne pourrait pas partager, ne serait ce que le passé de cette fille avec Georg.
Hors de question.
La discussion reprit son cours. Sans Tom. Tom venait d'avoir envie de se poser, c'était juste inhabituel. C'était rarement qu'une fille pouvait lui donner ce genre d'envies, et si elles y arrivaient, c'était toujours éphémère. Vivre aux côtés de quelqu'un d'autre était quelque chose qui faisait peur à Tom, dans les deux sens du terme.
Etrangement, il aimait bien vivre avec Bill et Simone.
Bien sûr, ses parents lui manquent. Enormément. Il porte encore et pour longtemps la déchirure qu'est la perte de sa mère. Ca le brûle de l'intérieur, et l'idée que son père finisse comme ça lui aussi lui fait très peur.
Mais, depuis longtemps la maladie, ce virus contaminateur, avait grignoté sa vie de famille.
Il en avait une, maintenant. Pas forcément acquise dans les bonnes conditions, mais qu'importe le passé, il faut aller de l'avant. Il doit faire de son mieux pour que cette famille se porte bien et garde un équilibre. C'est trop précieux la famille, il aura fallu un décès et une maladie pour qu'il s'en rende compte, mais ça y est.
Préserver la famille, c'est son nouvel objectif.
Mais pour cela, je dois améliorer mes relations avec Bill.
Sur ces pensées bienveillantes, il prit congé de ses amis et se dirigea d'un pas lent vers sa nouvelle maison. Marcher lui faisait du bien, il prenait pour une fois le temps de réfléchir correctement et sans se presser, se laissant porter par le rythme de ses pas frottant le sol, qui s'accordait parfaitement avec le fil de ses pensées. Il était tellement confus.
Tout se mélangeait, et ça allait BEAUCOUP trop vite.
Avec Simone, son nouveau foyer auquel il s'accommodait trop rapidement, faisant comme un trait sur son passé. Avec Bill, aussi. Il avait commencé par le détester, puis maintenant, il se prenait d'affection pour lui, avait des gestes inhabituels pour quelqu'un qui ne s'attache pas. Il avait envie de le voir. Un peu comme un petit frère, il sentait malgré lui que ce petit bout avait besoin d'attention et qu'il avait besoin d'être protégé. Et pourtant, il le fuyait.
Comme si il avait peur qu'en fréquentant Bill il devienne quelqu'un d'autre.
Comme si il avait peur de s'attacher et que finalement, on le laisse encore tomber.
Comme si il se sentait coupable du sort de l'androgyne, ignoré de tous.
Trop de questions et de remises en causes. Il avait même envie de remettre en cause ses amis. C'est vrai, il les aimait bien. Mais il ne parlait jamais sérieusement avec eux, ça il ne le pouvait qu'avec Elodie. Jamais ses amis du lycée ne viendraient pour lui s'il les appelait en larmes à 4hoo du matin. Tout n'est que mascarade.
Tom arriva enfin devant la porte de la maison, et rentra d'un pas silencieux, comme lorsqu'il savait que sa mère se reposait, ne voulant pas la réveiller. Sauf qu'elle n'est plus là. Pas ici. Ni ailleurs. Juste... Là haut.
- Bill !! Appela le dreadé depuis le bas de l'escalier.
- Oui ???
- Tu es où ?
- En quoi ça te regarde ? Répondit le brun, sortant sur le palier de sa chambre, un crayon en main et les cheveux attachés en une queue de cheval sur sa nuque.
Un peu blessé par l'attitude du brun alors qu'il essayait de faire des efforts, il reprit tout de même, la voix un peu plus dure :
- Je voulais juste savoir comment tu allais et si je pouvais faire mes devoirs avec toi. Mais tu as l'air occupé, alors je vais aller dans ma chambre. Et, joignant le geste à la parole, il remit son sac sur son épaule et monta les escaliers puis rentra dans sa chambre sans un regard pour Bill.
Ce fut au tour de l'androgyne d'être blessé, se rendant compte des efforts du blond. Mais tout de même, si ce dernier espérait se faire pardonner de l'avoir ignoré toute la journée en seulement quelques mots, il pouvait toujours espérer.
Le peu de lucidité qui lui restait s'arrêtait là, car ces "quelques mots" étaient en réalité beaucoup pour lui, car chaque petit geste de l'être aimé est toujours un cadeau inestimable.
Bill sortit alors de sa chambre, et alla se planter devant celle de Tom, collant son oreille contre le bois. Il n'osait pas entrer, sa timidité reprenant le dessus.
Le bruit d'un sac qu'on pose avec autant de délicatesse qu'un éléphant qui descend un escalier, des papiers froissées, un bruit de bois, et des cordes qui vibrent.
Un guitare mélancolique.
Souvenirs souvenirs.
Le brun colle alors son oreille plus fortement contre la porte, cherchant à capter au mieux le son qui s'élève de la pièce. C'est encore une mélodie triste mais entêtante comme Tom sait si bien composer, et Bill se sent une fois de plus ailleurs.
Il n'a plus envie d'entrer, il veut juste écouter.
Dix minutes plus tard, le son de l'instrument meurt dans sa coque de bois verni, et l'androgyne reprend ses esprits, et se retrouve dans la réalité, le corps collé à la porte de Tom. Il l'entend se lever et bouger, renifler, un tissu est froissé et une chaise est tirée.
Il faut y aller. Bill lève alors la main et vient à la faire entrer timidement en contact avec la surface dure.
Aucune réponse.
Il réitère, un peu plus fort cette fois.
- Oui ?
- C'est... C'est Bill.
- Entre.
Le brun pousse alors la porte, et la referme rapidement derrière lui, comme pour s'empêcher de fuir. Tom s'est retourné pour être face à lui, toujours assis sur sa chaise, et questionne son vis à vis du regard.
Qu'est ce que je devais lui dire déjà ?
- Tu m'as demandé si ... On pouvait faire nos devoirs ensemble, mais je les ai presque finis... Donc heu, si tu veux, je peux t'aider à faire les tiens ... Enfin si tu veux.
- Oui ça serait bien, en plus, j'ai vu qu'il y avait des exercices de maths... Et c'est pas trop mon fort. Répondit le blond, ponctuant sa phrase d'un sourire en coin qui fit se détourner les yeux de Bill.
- Attends alors, je vais chercher mes feuilles dans ma chambre.
Ceci fait, le guitariste se pencha sur les feuilles d'exercices et sur son livre qu'il avait au préalable ouvert. Un petit air sérieux trônait sur son visage, le rendant encore plus craquant aux yeux de Bill, qu'il l'observait furtivement. Le blond leva alors les mains, tout en gardant son regard fixé sur les feuilles, et commença à retirer sa casquette, puis son bandeau d'un air habitué, il aurait pu le faire les yeux fermés. Il tira alors un peu sur l'élastique et refit sa queue de cheval un peu plus haute, murmurant un "Fait chaud..." . Il se tourna alors vers Bill, qui était resté planté debout derrière lui, ne sachant où se mettre bien qu'étant chez lui.
Tom s'exclama alors joyeusement :
- Tu sais, tu peux t'asseoir à côté de moi hein, t'as qu'à prendre la chaise à côté du lit.
- Je mets où le T-shirt dessus ?
- Pose le sur le lit.
Quand ceci fut fait, le brun approcha timidement la chaise de celle de Tom, restant quand même à une distance raisonnable. Il croisa alors ses bras sur le bureau, observant son vis à vis qui essayait de comprendre ce charabia qu'on appelait suite numérique.
- (Un) Est la suite définie sur N par Un = 2n +1? Déjà rien que ça je pige pas.
- C'est pourtant simple. On te dit : " Soit (Un) la suite définie par Un = 2n + 1 ", et on te demande si c'est une suite arithmétique. Donc tu fais Un - Un-1 = ...
- Gné ?
Bill se leva donc et alla se poster derrière Tom, pointant de son doigt manucuré la question posée.
- Tu appliques juste la formule générale pour prouver qu'une suite est arithmétique et comme tu sais que uo = 1, u1= 3 et u2 = 5, tu fais donc u1- uo et u1 - u2 , et si les chiffres obtenus sont égaux, c'est bien une suite arithmétique de raison r =... !
- Ah ok...
- Tu as mieux compris maintenant ?
- Carrément ! Avant c'était trop abstrait pour que je comprenne ! Tu es le meilleur prof que j'ai jamais eu Bill ! S'écria Tom, faisant un clin d'½il au brun.
Celui rougit comme pas permis, et reprit place aux côtés de Tom. Meilleur prof... Les maths étaient bien la seule chose qu'il pouvait lui enseigner, et Bill espérait dans son for intérieur, que Tom lui rendrait la pareille un jour, mais dans un discipline plus... Concrète.
Le dreadé continua alors ses exercices, demandant au fur et à mesure de petites explications à Bill, qui se tenait droit comme un piquet sur sa chaise et les mains croisées entre ses cuisses. Il était tendu, cette proximité avec Tom le stressait.
Il avait envie, en voyant cet air concentré sur son visage et ses mains posées comme de grandes araignées sur le papier blanc, de le prendre dans ses bras et serrer ses doigts entre les siens, caresser sa joue du bout de son nez, et coller sa bouche à ce cou si tentant. Il sentait son odeur l'envelopper, elle habitait cette pièce désormais, et il aurait voulu se jeter à plat ventre sur le lit moelleux pour enfouir son nez dans les couvertures sûrement imprégnées du parfum naturel de Tom.
Jamais il ne désirerait quelqu'un comme Tom, jamais il ne pourrait ressentir ce sentiment si particulier pour une autre personne. De toutes manières, les gens ne sont personne s'ils ne sont pas Tom. Le brun aimait être triste en pensant à lui, sachant pertinemment que cet amour était à sens unique, platonique à jamais, et cette peine le faisait vivre. La mélancolie amoureuse coule dans ses veines comme inlassablement la vie coule vers la mort, la maladie est irréversible.
Une main s'agita devant ses yeux, le faisant revenir à la réalité.
- Eh ben ? Tu es sûr que ça va Bill ?
- Oui oui...
- Ca en a pas l'air ! A quoi tu pensais ?
Si tu savais...
- A rien en particulier...
- Mouais. C'est pas bien de mentir Bill ! Répondit le blond, un air rieur sur le visage.
Le brun rit aussi, et Tom, reprenant son sérieux, demanda :
- Ce n'est pas à cause de moi j'espère... Enfin, je veux dire, que tu avais cet air triste et que tu étais énervé contre moi tout à l'heure...
- ...
- Bill ?
- ...
- S'il te plaît, réponds moi. S'inquiéta Tom en voyant le visage assombri du brun, son regard se faisant fuyant.
Mais Bill ne répondait toujours pas. Le dreadé hésita un peu, avant de reprendre la parole, soudainement timide.
- Je vois bien que c'est à cause de moi... Mais, tu sais, je... J'ai du mal à gérer. C'est nouveau pour moi, toi, ta mère, cette vie. J'aurais pas dû t'ignorer aujourd'hui, je le sais. Mais je savais pas comment faire, les seules repères que j'ai encore sont à l'école, et je suis un peu perdu en ce moment. Alors, s'il te plaît, ne sois pas triste ni énervé à cause de moi, ça en vaut pas la peine, et je vais m'améliorer, d'accord ? Laisse moi du temps. Ma mère est morte, j'ai plus de famille à part mon père et il va peut être y passer aussi. Le blond fit une pause, sentant une boule se former douloureusement dans sa gorge. Je... On me donne une nouvelle mère, et un frère d'un seul coup, comme ça... Et... C'est pas facile. Il faut que tu m'aides. Les larmes commençaient à vouloir faire surface, et Tom, se leva, allant s'asseoir sur le lit, le regard tourné vers la fenêtre. Excuse moi...
Le brun, surpris de cette déclaration de la part de Tom, restait silencieux, assimilant ce qu'il venait de dire, plongé dans ses réflexions. Il n'avait toujours rien dit quand il entendit un faible "Dis quelque chose..."
- Je...
Merde.
Bill se leva alors et alla se poster en face de Tom, qui gardait le regard fixé sur un point invisible au delà de la fenêtre. Timidement, et surtout ne sachant pas quoi faire d'autre, l'androgyne tomba à genoux devant Tom, se mit entre les genoux de celui ci pour entourer sa taille de ses bras fins et frêles, et posa sa tête sur son ventre.
Doucement, le blond baissa les yeux vers Bill, qui avait l'air d'un tout petit garçon fragile, qui s'accrochait timidement à lui. Il posa alors délicatement ses mains sur ses épaules, et en remonta une dans sa chevelure ébène , caressant doucement les fins cheveux noirs qui venaient s'emmêler entre ses doigts.
"Merci..."
Voila la suite =)
J'ai essayé de la faire plus longue, dites moi ce que vous en pensez !
Merci à vous de me lire !
Dites, sinon, je voudrais vous demander une faveur :
Vous avez tout pété u__u
Vous aime *petite larme à l'oeil xD*
Bonnes vacances à tous, Bisous <333
EDIT : Un petit tour par ici ?
C'est un blog que j'ai fait sur les jumeaux Kaulitz, il est tout neuf ^^
Pouvez vous y laisser quelques coms ou le mettre dans vous amis et/ou favoris ?
J'ai pas le temps de lui faire de la pub, mais il me tient à c½ur *o*

